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Storia Letteraria d'Italia
I primi due secoli
Adolfo Bartoli
Francesco Vallardi Milano, 1880, pagine 552

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a cura di Federico Adamoli

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   40 CAPITOLO SKC0ND0.
   IJuono. La poesia occitanica trovava là quello spirito cavalleresco di cui essa era un prodotto (1); trovava una splendida corte, e la corte era appunto l'elemento del quale aveva bisogno per vivere, trovava quegli arabi (2) che, se non erano stati i maestri suoi, avevano forse, influito indirettamente sul primo suo nascimento (3). Così noi possiamo con sicurezza piena affermare che nel secolo XII la poesia provenzale era coltivata alla corte palermitana; che colà convenivano trovatori e troveri; e che
   (1) Cf. Fauriel, Hist. de la poésie prov. Cap. XV, De la chevalerie dans ses rapports avec la poésie provengale. « Il n'y a peut-étre ricn de plus particulier et de plus frap-pant, dans l'histoire de la civilisation du midi de la France, que la combinaison, ou, pour mieux dire, quo l'union intime de la chevalerie et de la poésie, de l'esprit poétique et de l'esprit chevaleresquo . . . Dès l'instant ou l'amour fut devenu un eulte, et les chants des espéces d'ymnes, le talent poétique devint le complémcnt presque obligé de la galanterie chevaleresque, et par la, de la chevalerie elle-mème. »
   (2) Sui poeti arabi della Sicilia noi Sec. XI, Cf. Amari, op. cit. II, cap. XIV.
   (3) Intorno all'influenza esercitata dagli Arabi sulla poesia provenzale vedasi Ginguené, Hist. Litter. d'Italie; Fauriel, Hist. de la poésie provengale; e alcune Memorie di Andrea Zambelli, SulV influenza politica dell'Islamismo, nelle Memorie dell' I. R. Istituto Lombardo, Voi. VII. Stimiamo che possa non riuscire discaro al lettore di leggere su questo particolare l'autorevole opinione di Fauriel (Hist. de la Poésie Proven., Ili, 327, segg.1 : « En tout ce qui tient au goùt, à l'execution, au sentiment des formes, au tour de l'ima-gination et de la pensée, la poésie des Arabes et celle des Provencaux ne se ressemblaient nullement, ni ne pouvaient se ressembler. Sur tout cela, les deux peuples suìvaient des inspirations et des traditions contraires .... Mais, si dans les deux poésies l'on fait ab-straction de ce qui tient au goùt, aux formes générales, aux détails de l'expression et du style, pour ne considércr, dans l'une et l'autre, que le sentiment intime, le caractere et le but moral, que la destination et le mode d'action, on découvre alors, entre l'une et l'autre, des analogies et des ressemblances réelles.
   A rapprocher minutieusement cette poésie ot celle des troubadours. par les formes, par les divers còtés qui donneraient la poétique de l'une et de l'autre, certes, l'on ne trouverait pas la moindre ressemblance entro l'une et l'autre. Mais en allant au fond des choses, en cherchant ce qui fait le caractère, le trait originai des deux poésies, on leur trouvera des rapports singuliers. L'amour était l'àme, le thème obligé de ces poésies. De mème que le troubadour, le poete nomade du desert était censé n'avoir ni motifs pour chanter ni pouvoir de le faire, à moins d'ètre amoureux. S'il ne l'était pas, il feignait de l'ètre; ce n'était qu'à cette condition qu'il pouvait se flatter que ses chants seraient agrées. De mème que les troubadours aimaient ou feignaient d'aimer des dames du plus haut rang» les épouses, les soeurs, les filles des seigneurs féodaux, c'etaient à des Allei de scheiks » d'emirs, de rois que les amoureux du désert adressaient leurs hommages poétiques.
   Si les troubadours avaient des cours, des chàteaux, ou ils allaient réciter leurs vers et faire admirer leur génie, leurs devanciers arabes visitaient de mème et dans le mème but, les tentes ou les demeures de leurs scheiks .... Quand on lit les traits malheurou-sement un peu rares que l'histoire nous a laissés sur les moeurs et les usages de ces cours, sur les idées de galanterie qui y régnaient, sur le róle important qu'y jouaient les poètes, on croit lire l'histoire d'una cour provengale, transportée comme par miracle sur le sol de l'Arabie.
   Enfln, tout comme les troubadours provencaux de haut rang, les maìtres de leur art ne marchaient jamais qu'accompagnés de jongleurs qui chantaient leurs vers, partout où l'occasion s'en présentait; les troubadours du désert avaient aussi leurs raouis, qui sa-vaient par coeur leurs poésies, les chantaient et en transmettaient le depót à d'autres raouis.
   Mais ce n'était pas seulement les poetes que l'amour inspirait en Arabie, comme en Provence ; c'etait les chevaliers, car en Arabie aussi, un hèros etait un chevalier; et l'hél